FestivalMagari

Cultures contemporaines : théâtre, cinéma, expositions, musique

Edito

Ici comme partout, ce que l’on consomme en matière de culture est devenu une affaire à la fois intime et publique, et les groupes qui composent la société se ressemblent de moins en moins. Le festival part de ce constat et propose aux habitants de regarder ce qui les sépare autant que ce qui les rapproche.

Ses mots d’ordre se tiennent au point de rencontre de plusieurs disciplines. L’enjeu : donner leur place à de jeunes artistes, dans un moment de création et de reconstruction du lien social, et dans un milieu en pleine agitation. Les formes retenues se veulent inclusives et démocratiques, puisqu’elles attendent du public qu’il participe et qu’elles restent accessibles à toutes et à tous. Dans le même esprit, des coopérations solidaires accompagnent une reprise en main collective du faire soi-même.

Trois appartenances traversent le projet. L’italienne d’abord, avec le patrimoine culturel et artistique qui a formé l’équipe. La française ensuite, celle de l’accueil et de la croissance, et singulièrement la parisienne, faite de solidarité et d’une capacité tenace à se relever. L’européenne enfin, qui inscrit tout cela dans un espace ouvert, sans frontières intérieures. Le travail consiste à les faire se rencontrer pour qu’elles se modifient l’une l’autre.

Les artistes dont il est question ici sont les enfants de la génération Erasmus : ils se sont emparés des codes culturels du continent pour quitter un pays trop étroit, et leurs références viennent de déplacements et d’échanges qui n’ont plus rien d’exceptionnel à leurs yeux.

Deux questions en découlent. Que produisent, en ce moment même, les scènes artistiques d’Italie et de France ? Et comment faire dialoguer les structures du centre et celles de la périphérie, qui portent la création de part et d’autre ?

Le programme consiste alors à exposer des œuvres nées dans leur propre contexte, à organiser des circulations dans les deux sens et à réveiller la coopération entre artistes des deux pays. À terme, une telle démarche fabrique de la connaissance mutuelle et des intérêts partagés : elle prépare, en somme, le terrain sur lequel des collaborations engagées pousseront d’elles-mêmes.